Malus au poids 2026, quels véhicules sont concernés

Malus au poids 2026, quels véhicules sont concernés

Le malus au poids a changé au 1er janvier 2026, et le changement n'a rien d'anecdotique : le seuil de déclenchement a été abaissé de cent kilos. Des véhicules qui passaient au travers l'an dernier sont désormais taxés, sans que rien n'ait bougé sur le véhicule lui-même. La taxe se calcule par tranches, se cumule avec le malus CO2, et comporte plusieurs mécanismes d'abattement qui font basculer d'un côté ou de l'autre du seuil pour quelques dizaines de kilos. Voici le détail, y compris une réduction famille nombreuse que beaucoup d'acheteurs éligibles ne demandent jamais parce qu'elle ne s'applique pas automatiquement.

Le seuil est passé de 1 600 à 1 500 kilos

Pour tout véhicule dont la première immatriculation intervient en 2026, la taxe se déclenche à partir de 1 500 kilos. Le seuil était fixé à 1 600 kilos en 2024 et en 2025.

Le poids retenu est la masse en ordre de marche, celle qui figure à la case G du certificat d'immatriculation. Elle comprend le véhicule équipé de série, les liquides, les outillages, la roue de secours, le réservoir rempli à au moins 90 % et le conducteur. C'est une donnée précise, pas une estimation, et elle se lit directement sur la carte grise.

La confusion la plus fréquente porte sur les cases voisines. Les cases F1 et F3 correspondent aux masses maximales admissibles, c'est-à-dire à ce que le véhicule a le droit de peser une fois chargé. Elles sont nettement supérieures à la masse en ordre de marche et n'ont rien à voir avec le calcul du malus. Un véhicule dont la case F1 affiche 2 100 kilos peut parfaitement afficher 1 480 kilos à la case G, et n'être donc pas taxé du tout.

Un barème par tranches, et non un taux unique

Le calcul est progressif. Chaque fraction de la masse est taxée à son propre tarif, puis les montants s'additionnent, exactement selon le principe des tranches d'imposition sur le revenu.

Fraction de la masse en ordre de marche Tarif par kilo
Jusqu'à 1 499 kg 0 €
De 1 500 à 1 699 kg 10 €
De 1 700 à 1 799 kg 15 €
De 1 800 à 1 899 kg 20 €
De 1 900 à 1 999 kg 25 €
À partir de 2 000 kg 30 €

Un exemple chiffré vaut mieux qu'une explication. Pour un véhicule de 1 950 kilos immatriculé en 2026, l'administration décompose ainsi : 2 000 euros au titre de la première tranche, 1 500 au titre de la deuxième, 2 000 au titre de la troisième et 1 275 au titre de la dernière, soit 6 775 euros au total.

Ce mode de calcul a une conséquence que l'on mesure mal en lisant le seul barème : les premiers kilos au-dessus du seuil coûtent peu, et la note grimpe très vite ensuite. Franchir les 1 500 kilos de vingt kilos représente 200 euros. Peser 1 950 kilos, moins d'un tiers de plus, en représente près de trente-quatre fois plus.

Le cumul avec le malus CO2, et son plafond

Les deux malus se paient à la même occasion, lors de la première immatriculation, et s'additionnent. Ils reposent sur des assiettes différentes : les émissions de CO2 lues à la case V7 pour l'un, la masse lue à la case G pour l'autre. Pour mémoire, le malus CO2 se déclenche à partir de 108 grammes par kilomètre en 2026, avec un premier palier à 50 euros.

Le cumul des deux est toutefois plafonné à 80 000 euros en 2026, montant qui correspond au tarif maximal du barème CO2. La mécanique de ce plafond mérite qu'on s'y arrête, parce qu'elle produit un effet contre-intuitif : plus le malus CO2 est élevé, moins le malus au poids ajoute de coût. Et lorsque le malus CO2 atteint à lui seul le plafond, le malus au poids ne s'applique plus du tout. Autrement dit, la taxe au poids frappe surtout les véhicules lourds aux émissions modérées, typiquement les grands modèles électrifiés, et s'efface sur les véhicules les plus émetteurs, déjà taxés au maximum par ailleurs.

Les véhicules totalement exonérés

Trois catégories échappent entièrement au malus au poids.

  • Les véhicules 100 % électriques et les véhicules à hydrogène.
  • Les véhicules accessibles en fauteuil roulant, identifiés par la carrosserie SH à la case J2 du certificat d'immatriculation.
  • Les véhicules acquis par une personne titulaire d'une carte mobilité inclusion mention invalidité ou d'une carte d'invalidité militaire, ainsi que par un parent dont un enfant à charge en est titulaire. L'exonération vaut pour un seul véhicule par bénéficiaire, location longue durée comprise.

Un point mérite d'être signalé à ceux qui ont suivi le dossier l'an dernier. L'exonération des véhicules électriques devait être restreinte, à compter de juillet 2026, aux seuls modèles à faible empreinte carbone. Cette restriction a été abandonnée. Tous les véhicules électriques restent exonérés, quel que soit leur lieu de production.

Les hybrides et leurs abattements

Les hybrides ne sont pas exonérés, mais bénéficient d'un abattement sur la masse retenue pour le calcul, ce qui revient souvent au même résultat.

  • 200 kilos pour un hybride rechargeable, dans la limite de 15 % de la masse en ordre de marche, à condition que l'autonomie en mode tout électrique en ville dépasse 50 kilomètres.
  • 100 kilos pour un hybride non rechargeable dont les moteurs électriques développent au moins 30 kW.
  • 100 kilos pour un micro-hybride, dont les moteurs électriques restent sous 30 kW.

L'effet est fréquemment décisif, parce que beaucoup d'hybrides se situent juste au-dessus du seuil. Un hybride non rechargeable de 1 550 kilos voit sa masse retenue ramenée à 1 450 kilos, donc sous la barre : aucune taxe. Un hybride rechargeable de 1 650 kilos arrive au même résultat. Dans les deux cas, le véhicule pèse pourtant davantage que le seuil affiché.

Une échéance est à connaître pour les micro-hybrides, et elle se rapproche. Leur abattement de 100 kilos disparaît au 1er janvier 2027. Leur seuil de taxation effectif passera donc de 1 600 à 1 500 kilos de masse réelle, ce qui fera entrer dans le champ toute une série de modèles qui en sortaient jusque-là. Sur une commande passée à l'automne 2026 pour une livraison en début d'année suivante, l'écart peut être substantiel, et il se joue sur la date d'immatriculation.

La réduction famille nombreuse, qu'il faut demander soi-même

Elle est substantielle et largement méconnue : 200 kilos d'abattement par enfant sur le malus au poids, auxquels s'ajoutent 20 grammes par kilomètre et par enfant sur le malus CO2. Pour une famille de trois enfants, cela représente 600 kilos retirés de la masse retenue, ce qui sort du champ de la taxe la quasi-totalité des véhicules familiaux thermiques du marché.

Les conditions sont cumulatives : avoir au moins trois enfants à charge, un véhicule d'au moins cinq places, acheté ou pris en location longue durée d'au moins deux ans, et figurer comme propriétaire ou locataire sur la carte grise. La réduction vaut pour un seul véhicule par foyer sur une période de deux ans.

Voilà le point qui fait perdre de l'argent à des familles éligibles, et il vaut la peine d'être retenu. Cette réduction n'est pas appliquée lors de l'immatriculation. Vous payez les deux malus au tarif plein, puis vous en demandez le remboursement auprès de l'administration fiscale, via la messagerie sécurisée de votre espace particulier. Une seule demande couvre les deux taxes, et vous avez jusqu'au 31 décembre de la deuxième année suivant l'immatriculation pour la déposer. Passé ce délai, la somme est perdue.

Les catégories de véhicules visées en pratique

La taxe s'applique aux voitures particulières ainsi qu'aux pick-up d'au moins cinq places. Une nouveauté est entrée en vigueur au 1er janvier 2026 : les véhicules utilitaires classés hors route en carrosserie « camion » et comportant au moins cinq places assises entrent également dans le champ, ce qui ferme une voie d'optimisation utilisée jusque-là.

Avec un seuil à 1 500 kilos, l'essentiel des SUV thermiques des segments compact et familial est concerné, de même que les berlines et les breaks des segments supérieurs, les grands monospaces et les pick-up double cabine. Les hybrides passent souvent au travers grâce à leur abattement, et les électriques restent hors champ. La frontière ne recoupe donc ni la taille apparente du véhicule ni son prix, mais bien la ligne de la case G, à quelques dizaines de kilos près.

La date qui compte est celle de l'immatriculation

Dernier point, et il est décisif sur une commande de fin d'année. C'est la date d'immatriculation qui détermine le barème applicable, pas la date de commande ni celle de la facture. Sur une livraison qui chevauche deux années civiles, l'écart peut se chiffrer en milliers d'euros, dans un sens comme dans l'autre selon les évolutions du barème.

Nos conseillers connaissent les délais réels par modèle et en tiennent compte au moment de la commande, précisément pour éviter qu'une livraison décalée de trois semaines ne fasse basculer un dossier sur le barème de l'année suivante.

Avant de vous décider, passez voir un conseiller dans la concession la plus proche, ou parcourez notre catalogue de véhicules neufs. Nos solutions de financement intègrent l'ensemble des taxes dans le montage, de sorte que le budget que vous validez est le budget complet.

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